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SABRINA DI GERONIMO
Artiste plasticienne

Que perçoit-on dans et par les images ?

Sabrina di Geronimo place l’image photographique au cœur de ses recherches. Si elle s'est toujours intéressée à la vidéo, c'est dans l'image fixe qu'elle trouve ce qui l'intéresse dans la video. Les notions de montage et de raccords sont centrales dans sa pratique. La perception du mouvement et de la durée dans l'image fixe parcourt l'ensemble de son travail. 

 

Entre traces indicielles et projections mentales,  entre la mémoire et l'oubli, les compositions photographiques qu'elle propose oscillent perpétuellement, interrogeant notre regard sur la fragmentation du monde qui nous entoure et la possible réconciliation de ses bribes.​

 

Partant de la photographie comme enregistrement du réel, l'artiste puise dans la profusion des images fragmentaires qu’elle capture ou s’approprie (post'it, photos stockées dans nos smartphones, radiographies), en quête d'une forme d'unité originelle. 

 

Considérant la photographie comme un outil de mise en lumière, par des jeux de superposition, de transparence et de réhaut, elle redessine, sculpte, creuse les ikntervalles entres les images pour faire surgir des latences porteuses de sens et d’onirisme.

 

Questionnant la nature et les modalités de présentation du médium photographique, les tableaux, les installations, les vidéoprojections, les dispositifs in-situ qu'elle met en oeuvre, apparaissent comme autant de moyens de voir et de percevoir le pouvoir révélateur des images. 

Avec les séries Les tableaux des errances, Suites en faux-raccords ou Mémoires vives, (2018-2023), ma pratique s’ancre dans une réflexion autour de la fragmentation du monde. Dans tout ce flux d’images capturées avec un appareil-photo ou un smartphone, le dessin fait fonction, dans mon travail, de liant, de raccord ; il me permet de tendre vers une possible réconciliation des bribes de réalité, en quête d’une unité synthétique mouvante, incertaine et fragile.

Puisant dans la profusion des photographies que j’enregistre ou m’approprie (notamment avec Mémoires vive ou Les Tableaux des errances), par des jeux de superposition, de transparence et de rehaut, je sculpte, creuse les intervalles entre les images pour faire surgir de nouvelles images à mi-chemin entre le rêve et la réalité, l’abstraction et les traces indicielles de réalité.

En accentuant les ombres et les lumières, ces compositions (par exemple Réminiscences) apparaissent comme autant de moyens d’interroger le regard, de convoquer la perception du mouvement dans la fixité. Essentiellement par cette mise en lumière et ce travail sur ces « entre’ images », je cherche à réveiller une mémoire inconsciente latente. J’exploite ces mêmes idées dans mon travail vidéo, notamment avec Moments presque immobiles.

Avec les installations pour images projetées (comme dans Mondes en formation ou Fragiles transports des images), j’explore les modalités de présentation du médium photographique. Au carrefour de la fixité et du mouvement, en écho à la lanterne magique et aux origines de l’image, ces images projetées évoquent la dimension à la fois précaire et sacrée des images.

Depuis 2023, avec la série Stati d'anima, je reviens à la matière avec un travail plus conceptuel. Cette fois, sans user directement de la photographie, j’use de ses modalités. Par un travail de déconstruction photographique, je continue d’opérer dans le prolongement des opérations propres à la retouche numérique de l'image: calques, superpositions, transparences, rehauts.  Ces collages, réalisés avec des post’it colorés transparents (dont la fonction première est mémorielle), renvoie au processus de création de l’image photographique numérique. A travers ces entrelacs de post’it, je recherche une forme de l’image plus épurée mais que je considère encore comme « photo-graphique ».

Que reste-t-il de toutes ces images-mémoires ? Des bribes, des fragments, des traces prises dans le mouvement cinématographique de notre perception. De ma pratique de plus en plus abstraite et fragmentée naît le surgissement de la figure : celle du corps, de la peau ou du nuage, plus généralement de paréidolies dont le mouvement laisse percevoir la fragilité et la précarité des images, comme en miroir à notre intériorité et à notre fragile condition humaine.

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